Mai 2018 – C’est la journée mondiale de la liberté de la presse

L’occasion de rappeler que la France se classe au 33e rang du classement mondial de de Reporters sans Frontières, derrière beaucoup beaucoup de pays dont le Surinam ou la Namibie (+ d’infos ici https://rsf.org/fr/france).

Surtout l’occasion de rappeler qu’on empêche trop souvent les journalistes de faire leur travail en France.

 

-En ne leur donnant ni le temps ni le revenu suffisant à l’exercice de leurs fonctions (30 pages par semaine ? no prob’ chef) obligeant les professionnels à se suffire de la médiocrité, et à choisir les interlocuteurs et les sujets en fonction du temps imparti (=les plus simples, les communiquants, « les bons clients », etc.)

-En les embauchant partout en contrats précaires (CDD d’un jour, d’une semaine, d’un mois renouvelés des centaines de fois -oui centaines, coucou le service public), ce qui place les travailleurs dans une grande dépendance vis à vis de leurs employeurs pas toujours scrupuleux en terme de déontologie (= le fameux réflexe « se taire et faire pour garder sa place »)

-En maltraitant les journalistes dans les manifestations quand bien même ils sont reconnaissables.

En proposant aux rédactions les images « officielles » de la gendarmerie ou de l’équipe présidentielle.

-En souhaitant systématiquement relire les articles rédigés,suite à une interview, pour s’assurer du simple rôle de « porte micro » de professionnels de l’information.

-En les mettant tous dans le même panier (d’insultes) sans distinction : « journalope » « merdia » ou autres « salauds de journalistes »… Quand certains se battent pour informer dans des pays où personne n’irait.

-En leur demandant d’utiliser leurs compétences pour la publicité, sous forme de faux articles, de publireportages, « de brand content » « pour le modèle économique ».

-En ne promulguant aucune loi sur la concentration des médias qui appauvrit la diversité de l’information et sa liberté.

-En ne réformant pas suffisamment les aides à la presse allant dans la poche des médias appartenant souvent aux grandes richesses industrielles, laissant les miettes aux autres

-En laissant l’éducation au média seulement aux mains des professeurs les plus motivés sans volonté politique affirmée pour préparer la nouvelle génération à circuler dans une nuée d’informations non vérifiées.

Cette profession est en danger, économique, éthique et politique. Profitons de cette journée pour en prendre conscience.

Qui sommes-nous ?

La boutique

Les points de vente