LE LOUP EST UN ANIMAL POLITIQUE
À l’échelle du territoire français, le loup a disparu au début du xxe siècle. En 1934, officiellement. « On sait pourquoi il a disparu : il a été éradiqué », tient à rappeler Jean-David Abel, membre du groupe national Loup mis en place par l’État. Il travaille sur le dossier depuis vingt-cinq ans dans le cadre de son engagement au sein de l’association France Nature Environnement (FNE). Pendant près de six décennies, le loup a donc été absent. Puis, en 1992, des individus sont repérés dans le parc du Mercantour, dans les Alpes du Sud. Il revient, par l’Italie ! Et peu à peu remonte vers le Massif central, empruntant les autoroutes naturelles que sont les grands parcs et forêts, les fleuves et leurs affluents.
Ce n’est pas un hasard. Entre-temps, la couverture végétale de la France a beaucoup progressé. « En Ardèche, par exemple, on est passé de 17 % de couverture par des forêts en 1910, à 61 % en 2020. Ce qui a aussi permis aux stocks de proies – sangliers, cerfs, chamois, etc. – de bien se reconstituer. » De quoi faire les affaires du loup. Entre- temps, aussi, les écolos n’ont pas chômé.



