Droits des animaux : il était une fois le cochon d’élevage

Rédaction
Marie Bertin
Photographie
Évaine Merle
Caroline, fondatrice du refuge GroinGroin, caresse Bouloche le cochon laineux sauvé par le refuge en mars 2020.

Arriver au refuge GroinGroin ce jour-là, c’est un peu comme passer me portillon de la Comté dans Le Seigneur des anneaux : partout où l’on pose les yeux en arpentant les terres de cette petite ferme de la campagne sarthoise, l’herbe verte et grasse scintille au soleil. Les terres vallonnées découpées en enclos sont entourées de haies bocagères et ponctuées d’arbres à l’ombre généreuse – des chênes, des frênes, des noyers… Pas de doute, ceux qui vivent ici sont chanceux. Ceux ? Qui donc ? Il y a par exemple Callisto, une poule pondeuse rescapée de la liquidation judiciaire d’une start-up de production d’œufs. Il y a aussi Bunty, le dindon retrouvé errant à proximité d’un élevage intensif de dindes, peut-être échappé d’un camion juste avant l’abattoir — le principal intéressé reste discret sur ce point…

Ces bêtes-là font figure d’exceptions, car l’animal majoritaire chez GroinGroin, c’est, comme son nom l’indique, le cochon. Il représente la moitié de la centaine de pensionnaires actuels du refuge, le seul à s’être spécialisé dans le sauvetage de cette espèce en France : « On reçoit même des coups de fil de Belgique, parfois de Suisse… », rapporte Caroline Dubois, sa fondatrice, passionnée. Caroline, 53 ans, est intarissable sur son sujet et infatigable dès qu’il s’agit de faire visiter ses 17 hectares de sanctuaire. Cette énergie hors norme lui vient surtout de sa détermination à prendre soin des autres – en l’occurrence des autres espèces.

Le refuge fonctionne grâce à sept salarié·es, dont cinq soigneuses, et des dizaines de bénévoles qui se relaient au service de la santé et du bien-être des pensionnaires. Dans sa vie d’avant le refuge, avant 2006, Caroline travaillait pour un sous-traitant de l’aéronautique. Mais elle n’est pas du genre à hésiter longtemps si une rencontre la tente. Et un jour, elle a croisé un cochon.

magazine 49- les autres possibles - Refuge Groin Groin

Caroline Dubois fondatrice du refuge GroinGroin

C’était en visitant un château, dans la Manche, en vacances. Je croise une dame qui promène… son cochon. Il répond à son nom. Je la vois lui parler, lui apprendre à s’asseoir. Je suis restée scotchée. J’avais toujours eu des animaux – des chiens, des chevaux –, mais je n’avais jamais imaginé que l’on puisse adopter un cochon. Je crois que j’ai eu une sorte de coup de foudre pour leur relation. C’est comme ça que j’ai adopté ma première cochonne : Rosalie

Trop bêtes pour avoir des droits ?

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