« L’école dehors », décryptage d’une nouvelle pratique éducative
C’est en vivant trois ans en Finlande que la Nantaise Claire Boulch découvre les écoles de la forêt. Elle étudie alors les sciences de l’éducation, et trouve là un sujet qui tombe à pic pour son mémoire de recherche, qu’elle consacre donc à l’outdoor learning – apprentissage en plein air. L’un des tout premiers travaux de recherche sur ce thème en France. Pour le mener à bien, elle réalise un stage en immersion pendant cinq mois au sein d’une école de la forêt située à Rauma, dans le sud du pays. Là-bas, l’école n’est obligatoire qu’à partir de 7 ans, et les écoles de la forêt sont un peu l’équivalent de nos crèches et maternelles. Mais les enfants y apprennent beaucoup, y compris à écrire et à compter, sans crayon, en écrivant sur le sol avec des bouts de bois, par exemple.
Claire Boulch filme son stage. En rentrant en France, en 2019, elle se rend compte qu’elle détient de précieux documents sur ses cartes mémoire. « Je me suis fixé comme objectif de promouvoir le modèle des écoles de la forêt en France. Avec mes rushs, j’ai fait un documentaire : L’École de la forêt finlandaise : une éducation riche de sens », raconte-t-elle. Le film est très bien accueilli. Elle fera une tournée d’une trentaine de dates un peu partout en France pour le montrer. « C’était le bon moment : il commençait à y avoir une forte demande des enseignant·es pour se renouveler et bénéficier d’informations », commente- t-elle. Aujourd’hui, Claire Boulch a plusieurs casquettes dont celles de formatrice pédagogue par la nature et de formatrice classe dehors auprès du réseau d’éducation à la nature Graine Pays de la Loire.
Mais la réflexion autour de l’apprentissage en plein air remonte à plus d’un siècle. Dès la fin du XIXe, des pédagogues et des philosophes, inspirés notamment par les théories éducatives de Jean-Jacques Rousseau, s’intéressent à de nouvelles manières d’enseigner un peu partout dans le monde occidental. Ce mouvement, baptisé L’Éducation nouvelle, a connu son âge d’or dans l’entre-deux-guerres. Ses soutiens défendaient une réforme profonde de l’enseignement, qui mettrait l’enfant et ses besoins au centre des préoccupations.




