Changement climatique, une affaire de famille (1/3) : le déclic

Exclu web
Rédaction
Marie Le Douaran
Photographie
Jean-Félix Fayolle

C’est un mercredi midi ordinaire. Autour de la table, la famille Adam est réunie : Sandra, la mère, Greg, le père, Maëlis, Colin et Baptiste, les trois enfants de 14, 11 et 9 ans. Salto, le berger australien de la famille, n’est jamais bien loin, couché le long de la baie vitrée. Au menu, filet mignon aux abricots, semoule et légumes rôtis. « Greg ne mange pas de viande, Maëlis n’aime pas le sucré-salé, les petits n’aiment pas les pois chiches », annonce Sandra. Une famille comme beaucoup d’autres, donc, où le repas est synonyme de partage et… de compromis. « Hors de question que j’arrête la viande », lâche Maëlis.

Depuis un peu plus de 5 ans, la famille Adam est installée à La Chapelle-sur-Erdre, dans une grande maison des années 1970, nichée derrière le terrain de foot, à quelques mètres de l’Erdre. Le couple et ses trois enfants sont arrivés dans la métropole nantaise pour des raisons professionnelles : le Covid-19 a stoppé net un projet de voyage au long cours pour lequel la famille avait tout quitté. Alors Greg a repris le chemin de son employeur, EDF, qui l’a muté à Nantes. Parmi les nombreux critères pour choisir une maison, il y avait celui du jardin. Banco : devant nos yeux, se déploie un grand terrain arboré, que le printemps anime joyeusement.

Écartons tout de suite un doute : oui, la famille Adam est écolo. Mais une fois ce préalable posé, et la porte d’entrée refermée, tout est affaire de nuances. L’écolo exemplaire n’existe pas. Et on ne devient pas écolo du jour au lendemain. Même le végétarisme surprise de Greg est en fait le résultat d’un cheminement profond.

Grégoire Adam, le père, 43 ans

« Je suis devenu végétarien du jour au lendemain, en 2025. J’étais à la montagne avec des amis, j’ai pris un saucisson et je leur ai dit «c’est le dernier que je mangerai». En rentrant à la maison, je l’ai annoncé à Sandra et aux enfants. Bien sûr, ça faisait longtemps que j’y réfléchissais. J’ai commencé à voir des infos sur l’impact de la viande sur les écosystèmes… Pour que ça remonte au cerveau, que je l’intègre et que je passe à l’action, ça a mis du temps. Certaines personnes sont beaucoup plus rapides !

Sur la viande, comme sur le reste, je n’ai pas fait le chemin tout seul. Il y a eu un élément déterminant dans mon passage à l’action : le changement de vie d’un ami très proche, qui a tout quitté pour devenir éleveur de brebis. C’était il y a six ans. Les choix radicaux des personnes auxquelles on tient, ça inquiète dans un premier temps – parce qu’on ne les comprend pas toujours. Et puis, finalement, c’est venu interpeller mes propres choix de vie. Avec lui, j’ai beaucoup parlé du rapport au vivant, aux animaux. Parce qu’il n’y a pas que l’impact sur l’environnement, dans le sujet de la viande. À la fin du processus, je me suis dit «j’arrête». J’avais besoin d’un alignement total sur ce sujet.

 

Cet article est en partenariat avec le magazine de Nantes Métropole.
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