#46 Elles chantent les luttes des femmes
Avec ce numéro consacré à la chorale castelbriantaise Las Mariposas, nous avons voulu mettre en avant la façon dont les révolutions culturelles bruissent, parfois loin des radars, et révéler une facette méconnue du féminisme. Une façon, aussi, de décentrer le regard de nos médias, souvent par trop urbains, sur ce sujet.
Car vivre en féministe à la campagne, c’est croiser des convictions sociales et une réalité territoriale particulière. C’est un acte de résistance à part. Ces féministes rurales n’emploient pas le même lexique que leurs homologues urbaines, mais elles ne veulent pas laisser qu’aux villes le droit de dire « Me Too ». Le chant est un prétexte pour s’affirmer et vivre comme elles le souhaitent ici aussi, sur leur lopin de terre.
Leur musique vient répondre au silence des pantoufles, ou pire, au bruit des bottes – des votes – pour des partis de plus en plus ouvertement anti-féministes, racistes, climato-dénialistes. Lors de leurs concerts, leurs chants leur permettent aussi de tendre la main, pour dire à celles qui les écoutent et qui, peut-être, souffrent : « Nous sommes là, ici aussi. »





