Retrouvez l’épisode 1 de la série
De bon matin à La Chapelle-sur-Erdre, le soleil fait briller les bourgeons qui pointent leur nez dans le grand jardin. Grégoire Adam, le père, est parti aux aurores prendre un train pour Paris depuis la gare de Nantes. Maëlis, l’ado, a pris plusieurs lignes de transport pour se rendre au lycée. Avant de commencer sa journée en télétravail, Sandra, la mère, doit déposer les petits à l’école. Petits-déjeuners avalés, dents brossées, Colin et Baptiste sont prêts à rejoindre leurs classes, à quelques minutes de trajet.
Tout semble simple, pourtant, comme dans tous les foyers, c’est une orchestration minutieuse qui s’est mise en place pour que la famille Adam soit à l’heure. Sauf Salto, le berger australien, qui n’a pas vraiment d’obligations !
« Je vais à la gare en voiture, parfois en taxi, détaille Greg. Mon TGV part trop tôt pour avoir une continuité avec le tram-train, et j’avoue que le vélo à 4h du matin, la nuit en plein hiver… j’ai renoncé ! » Du côté des enfants ? « Je pars vers 7h15, je mets environ 45 minutes pour aller au lycée, et pour revenir ça peut prendre une heure. Tout dépend quel bus je prends et si je traîne avec mes copines. Mais ça va, je ne trouve pas ça trop long » ; « Nous on va à l’école en voiture, des fois à vélo… mais pas trop. » On y reviendra.
Les mobilités sont parmi les enjeux clés de la transition écologique. En France, les transports représentent 34 % des gaz à effet de serre, et sont donc un levier de taille pour faire baisser son empreinte carbone. Oui, mais voilà : même dans une métropole bien équipée, la distance par rapport aux transports en commun, les moyens financiers dont il faut disposer pour acheter un véhicule plus propre, ou encore les zones mal desservies… sont autant de freins au changement des pratiques. Auxquels s’ajoute, tout simplement, la vie quotidienne avec des enfants.
Sandra, 43 ans, la mère
« Il y a quelque chose de très frustrant quand on essaie de faire attention à l’environnement dans son quotidien : parfois, on sait qu’il y a des actions à mener… mais on n’y parvient tout simplement pas ! Je m’étais mis en tête d’accompagner les petits à l’école à vélo. C’est vraiment très proche, donc une bonne occasion d’éviter un trajet court en voiture. Mais en fait, ça s’est avéré compliqué pour Baptiste et Colin, qui n’étaient pas toujours motivés, même s’ils sont habitués à faire du vélo. Résultat, ça a créé des tensions chez moi, et avec eux. Tout le monde finissait très énervé, et ce n’est pas une bonne façon de commencer la journée. Donc j’ai abandonné, à contre-coeur.
Oui, parfois ça m’agace, j’aimerais que tout le monde place son exigence au même endroit que moi. Comme quand Greg prend la voiture thermique pour des petits trajets, alors qu’on a une petite électrique qui sert à ça. Ou quand les enfants préfèrent les céréales industrielles au petit-déjeuner, alors que des tartines seraient bien meilleures pour leur santé et pour l’environnement. Idem pour le vélo. Mais une de mes plus grandes craintes, c’est de leur transmettre l’idée d’un mode de vie contraignant. J’ai envie qu’ils vivent ça comme quelque chose de joyeux, en sachant que c’est important, et que chacun fait ses choix. »