novembre 2020

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S’organiser en famille pour tenter le zéro déchet

À Nantes, la famille de Sylviana a transformé son quotidien depuis sa participation au « Défi familles zéro déchet ». Une expérience faite de compromis… et de détermination.

Par Valérie Gautier
Photo : Sylviana et sa famille ne produisent presque plus d’ordures. (Stéphane Mahé/Les Autres Possibles)
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La dernière fois que la famille de Sylviana a produit des déchets ? Il y a un peu plus d’un mois. Depuis, les éboueurs ont fait chou blanc. Après avoir participé au « Défi familles zéro déchet » initié en 2016 par Nantes Métropole, les assos Écopôle et La boîte verte, le couple et les trois enfants ont totalement adopté ce mode de vie.

« Défi familles zéro déchets » : la formule sonne comme un promesse un peu tapageuse, à l’image d’une « banque 100% humain » ou d’une crème anti-rides « à l’efficacité prouvée ». En réalité, cela consiste à réduire d’au moins 10% ses déchets sur une durée de trois mois. Depuis le lancement du challenge, plus de 300 foyers ont participé. Cette année, ils ont réduit en moyenne de 34% le poids de leurs poubelles. « On ne va pas se mentir, ceux qui se lancent partent rarement de zéro, explique Sylviana. Le premier mois ne consistant qu’à peser nos déchets, nous avons réalisé que nous en produisions 96 kg par an et par personne, bien en dessous des 354 kgs moyens par Français« . Florian Roquinarc’h chargé de mission à Écopôle, confirme : « Ceux qui s’inscrivent produisent déjà environ deux fois moins que la moyenne ».

Avoir du pot

Sylviana et son mari Yannick se sont lancés en équipe, avec cinq autres familles. « En cuisine, il a fallu s’équiper de bocaux et en sacs pour le vrac. On a investi dans un extracteur de jus de fruits, cherché un producteur proposant du beurre non emballé ou encore de la vente d’alcool avec bouteilles consignées. Une fois que les nouvelles habitudes sont prises, tout se fait naturellement« , déroule Sylviana, sereine, ne sachant pas trop quoi répondre quand on lui demande à quel moment ils ont rencontré de sérieuses difficultés… À part, peut-être, « pendant notre séjour en Martinique ». Lors de ce voyage, difficile d’acheter sans emballage. Mais c’est tout.

Ces lombrics peuvent digérer un tiers de vos poubelles. C’est ça, le compost ! (Stéphane Mahé/Les Autres Possibles)

Sky is the limite

Selon eux, rien n’aurait été possible tout de même sans un certains sens du renoncement et une organisation aux petits oignons. Dans la cuisine, un menu affiche les repas sur deux semaines. Il a bien fallu éliminer les produits introuvables sans emballage : le tofu, par exemple. Pour la bouteille de vin achetée chez l’épicier du coin quand des amis débarquent, « on a un stock qui nous permet d’improviser et il peut nous arriver d’acheter une bouteille en verre si nécessaire. Mais, on ne lâche pas sur le plastique », rétorque Sylviana. À la place du papier toilette ? De grands cotons lavables. Le maquillage ? Aux oubliettes puisque de toute façon, « c’est mauvais pour la peau ». Les jouets ? Achetés en ressourcerie ou chez Emmaüs. L’achat d’occasion fait partie intégrante de la vie zéro déchet.


« Les personnes qui se lancent partent rarement de zéro. »


À scruter les actions à mettre en place pour y parvenir, le zéro déchet peut sembler chronophage. Mais, si Sylviana n’occupe pas d’emploi en ce moment, elle reste persuadée que, lorsque le pli est pris, ce n’est pas plus prenant. L’objectif de l’organisateur Florian Rominarc’h est de convaincre le plus large public possible. « On envisage d’aller vers des entreprises ou des centres socioculturels. Bien sûr, les familles « Défi zéro déchet » sont nos premières ambassadrices. Chacune parle de sa démarche à environ six ou sept autres foyers. Du coup, par ricochet, on en touche 1 000 environ. » ♦

 

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